Une nouvelle fois, le maire de Bussière-Boffy est désavoué par la justice, et cette fois par la justice suprême !
Le 24 février 2015, la Cour de cassation a cassé le jugement de la cour d'appel de Limoges du 14 juin 2013 condamnant à la démolition des yourtes avec amendes. Cela, en considérant que la prescription devait s'appliquer et que la cour d'appel a méconnu les textes de lois. Elle renvoie l'affaire qui sera rejugée par la cour d'appel de Bordeaux.

La Cour de cassation a annulé la totalité du jugement, en s'appuyant sur la prescription, car les yourtes étaient montées depuis plus de 3 ans. Mais, ironie du sort, à l'heure de ce jugement, elles n'y sont plus !

Cette décision montre à quel point les familles ont été malmenés dans cette très longue histoire de 8 années. Aujourd'hui, les familles, épuisées par tant d'années de lutte, n'ont eu d'autre possibilité, pour continuer de vivre dignement et développer des projets, que d'aller vivre ailleurs. La vie dans le village est devenue une procédure perpétuelle, où aucun projet n'est plus possible, où aucune association autre que celle des anciens combattants n'a droit de cité.

Moralement, ce maire a massacré, minutieusement, année après année, ces familles, il a exterminé leurs vies, et l’État n'a jamais voulu les protéger, bien au contraire. Quand le Préfet de Haute-Vienne les a régularisés en 2009, c'était pour les faire taire. Car ils avaient raison de vivre comme cela avec leurs enfants, simplement, avec leurs moyens, dans le respect de la nature, en apportant leurs alternatives et leur vitalité à ce village.

Leur légitimité a touché beaucoup de gens, et elle a touché tous les juges qui ont eu affaire à cette histoire. C'est pour cela qu'ils ont gagné tous leurs procès ; le seul qu'ils ont perdu, c'est lorsque l'Etat s'en est mêlé pour faire appel.

La Cour de cassation ne pouvait pas affirmer qu'une yourte n'est qu'une tente. Cela l’État ne le permettrait pas, car la liberté prendrait trop de place. Les juges ont cassé le jugement en s'appuyant sur la prescription, c'est tout ce qui leur restait pour donner raison au droit. Comme le dit avec toujours autant de vilénie et d'immoralité le maire de Bussière-Boffy (réélu l'année passée, il faut le rappeler) : « Ce jugement n'a aucune valeur... Ce qui compte c'est qu'ils soient partis ! »

Ils ont gagné ce procès, une fois de plus, et l'affaire sera rejugée par la cour d'appel de Bordeaux dans plusieurs mois. Ce jour là les juges seront-ils capables de résister à une ultime pression de l’État ? Car l'enjeu est lourd, il s'agit de notre liberté d'habiter la Terre.