2006 : Installation sur des terrains privés de deux yourtes au hameau du Petit Pic et une yourte au hameau du Grand Pic. La municipalité antérieure n'émet aucun avis défavorable, considérant les yourtes comme des tentes lorsque rien ne les fixe au sol de manière définitive. Les terrains sont très proches des hameaux et leurs acquéreurs pensent pouvoir avoir accès à la constructibilité.

Début 2007 : Élaboration de la carte communale pour délimiter les zones constructibles de la commune, le rapporteur de cette carte étant Jean-Paul Barrière, conseiller municipal et futur maire. Les habitants des yourtes font une demande de CU (certificat d'urbanisme) qui leur est refusée. Ne connaissant pas bien les méandres de l'administration, ils font un recours au Tribunal contre ce refus au lieu de faire un recours contre la carte communale.

Mi-2007 : Avis favorable du commissaire enquêteur pour l'intégration des terrains des yourtes en zone constructible sur la futur carte communale.

Fin 2007 : La carte communale est validée sans la prise en compte des yourtes, malgré l'avis du commissaire enquêteur et la demande des habitants des yourtes. Le recours pour le CU est rejeté pour cause de carte communale en cours ! Les terrains des yourtes deviennent donc inconstructibles.

Mars 2008 : Lors d'une réunion pour sa campagne électorale appelée « Vivre ensemble à Bussière-Boffy », le futur maire promet d'apporter la richesse au village en développant le tourisme, après avoir procédé au « nettoyage des marginaux ». Il projette entre autres de faire partir les personnes habitant en yourte.

Juillet 2008 : Le maire porte plainte contre un habitant en yourte pour menaces de mort qui auraient été proférées devant un unique témoin, un conseiller municipal connu en gendarmerie pour son alcoolisme et conduisant un véhicule malgré un retrait de permis datant de plusieurs années.

Été 2008 : Installation de la 5ème yourte.

8 août 2008 : La demande d'inscription à l'école de l'un des enfants résidant en yourte, est refusée par le maire, en dépit de l'obligation scolaire.

Septembre 2008 : Lors des inscriptions à l'école, le maire tente de dissuader certains parents, prétextant que cette école est « fréquentée par des manouches et des marginaux ».

9 septembre 2008 : Suppression de la cantine scolaire sans concertation avec les parents, et refus de la création d'une cantine alternative dans les locaux communaux. Les élèves doivent désormais se rendre dans une autre commune pour le déjeuner.

Septembre 2008 : La municipalité fait déposer des blocs de pierres sur le terrain communal du Petit Pic pour empêcher une famille vivant en yourte d'entrer sur son terrain, gênant également l'accès des riverains, dont une personne handicapée, et le passage éventuel des pompiers.

21 décembre 2008 : Le maire refuse d'inscrire 3 habitants en yourte sur les listes électorales. Il sera condamné par le Tribunal d'instance de Limoges.

9 février 2009 : La commune préempte un bâtiment au Petit Pic, pour empêcher la réalisation d'un projet de gîte d'étape, sans avoir d'acquéreur. Le bâtiment restera vide 3 ans. Ce projet, présenté par des personnes proches des habitants des yourtes, comportait « la prise en charge des travaux d'assainissement nécessaires au gîte, mais aussi au traitement des eaux usées de tout le hameau » ce qui aurait représenté une importante économie pour la municipalité.

16 février 2009 : Le maire se félicite de la disparition de l'école du village, après en avoir fait voter la fermeture par le conseil municipal, sans étude d'impact et avant même que l'inspection académique en fasse la demande.

26 février 2009 : Le Tribunal d'instance ordonne l'inscription sur les listes électorales des trois habitants en yourte que le maire avait refusée.

6 mars 2009, et durant plus de six mois : Affichage sur la porte de la mairie d'un texte proclamant l'illégalité des habitants des yourtes, titrant « Qui sont-ils, Que veulent-ils ? »

13 mars 2009 : Lettre ouverte d'une conseillère municipale, s'opposant à la politique du maire envers les habitants des yourtes : « Je n'ai pas l'esprit tranquille et je suis rongée de doutes sur les orientations que nous sommes en train de prendre. Je témoigne que je serai incapable de me cacher derrière la loi tant la justice me paraît plus importante que la loi. » 

14 mars 2009 : Manifestation à Bussière-Boffy en faveur des 5 yourtes, qui rassemble 350 manifestants.

6 avril 2009 : Journée du développement durable à Bussière-Boffy organisé sur le site des yourtes. Les nombreux visiteurs peuvent, entre autres, découvrir la vie dans une yourte.

Février-mars-avril 2009 : Environ 600 lettres de soutien aux habitants des yourtes sont envoyées de toute la France au maire et au préfet.

14 avril 2009 : Un habitant en yourte est relaxé au Tribunal correctionnel suite à une plainte du maire pour menaces de mort qui n'avaient jamais été proférées. Cette relaxe est prononcée au vu d'une douzaine d'attestations dénonçant les menaces, discriminations, chantages, mensonges et insultes du maire à l'encontre d'une partie de la population.

15 avril 2009 : Constitution d'un comité de soutien d'élus de toute la France (élus locaux, députés, sénateur, députés européens) soutenant les yourtes de Bussière-Boffy.

15 avril 2009 : Conférence de presse à Limoges en présence des élus de la région soutenant les yourtes. Les élus présents témoignent de l'importance des habitats écologiques à notre époque.

De février à juillet 2009 : Une quarantaine d'articles de presse et une dizaine de journaux télévisés paraissent au sujet des yourtes de Bussière-Boffy. Tous reconnaissent la légitimité écologique et humaine de ces habitants.

18 avril 2009 : Manifestation à Limoges en faveur de la régularisation des yourtes à Bussière-Boffy. Une pétition de soutien signée par 2 600 personnes est portée à la préfecture.

5 mai 2009 : Suite à la forte pression populaire en faveur des yourtes et à la médiatisation de l'affaire, la préfecture de Limoges organise une réunion officielle avec le sous-préfet, le maire et le directeur de la DDE de Bellac, pour régulariser 4 yourtes sur 5, régularisation s'appuyant sur la prescription pénale, et associée à un cadastrage aux impôts ainsi qu'à l'établissement d'une taxe d'habitation comme garantie. Lors de cette réunion, il est décidé que les yourtes régularisées sont dorénavant pérennes, et il est précisé que les terrains concernés seront inclus en zone constructible lors de l'élaboration du futur PLU.

Juin 2009 : Le maire porte plainte contre la 5ème yourte, mais le procureur classe la plainte sans suite.

19 juin 2009 : 1er arrêté municipal interdisant le camping sur toute la commune de Bussière-Boffy, s'appuyant sur la prétendue insalubrité des yourtes.

28 juin 2009 : Manifestation festive à Bussière-Boffy en faveur de la 5ème yourte, non régularisée. Le maire tente d'interdire la manifestation, mais le sous-préfet intervient et donne un délai de 3 ans aux habitants de cette yourte pour déménager.

Courant de l'année 2009 : Un signalement calomnieux du maire à l'encontre de cinq familles du village soutenant les yourtes, fait l'objet d'une enquête de gendarmerie; cette plainte est classée sans suite.

Juillet 2010 : 2ème arrêté municipal interdisant le camping, remplaçant le précédent qui contenait des irrégularités dénoncées au tribunal. Cet arrêté est, sur le fond, identique au précédent.

Août 2010 : Suite aux trop fortes pressions de la municipalité, la famille de la 5ème yourte quitte le village.

En 2010 : Le maire, en tant que président de la Commission communale, fait annuler les taxes d'habitation des yourtes, qui avait été actées lors de la régularisation en mai 2009.

Octobre 2010 : Le maire porte plainte contre une famille habitant en yourte, pour non conformité avec la déclaration préalable d'un petit abri de rangement agricole construit en toute légalité sur le terrain de la yourte.

24 janvier 2011 Dans un courrier, le préfet de Haute-Vienne affirme son intention de « rester attentif à l'évolution de ce dossier, dans un esprit d'ouverture et de respect des engagements déjà pris pour chacune des différentes parties au cours des négociations qui se sont déroulées en 2009 ».

Depuis 2008 : Il est souvent difficile pour une personne en lien avec les yourtes (habitant ou soutien) de consulter un document administratif en mairie, car le maire surveille chaque document étudié ou empêche sa secrétaire de le fournir.

Janvier 2011 : Projection en avant-première du documentaire « Les Yourtes de la Discorde », de Suzanne Chupin, à Bellac, en présence de 300 personnes, dont beaucoup d'élus. Le débat prévu après la projection du film n'aura pas lieu suite à l’entartage du maire par un inconnu.

Janvier 2011 : Dans le but de faire partir un des habitants en yourte vivant depuis 6 ans sur un terrain privé en accord avec le propriétaire, le maire entreprend l'échange de ce terrain contre un terrain constructible appartenant à la commune. L'habitant est contraint de quitter les lieux en août.

28 mars 2011 : Le maire refuse officiellement de participer à la réunion de concertation prévue entre le sous-préfet, les habitants des yourtes et lui-même, au motif qu'un campement sur un terrain d'un proche des habitants des yourtes (campement pourtant temporaire et légal) viendrait rompre les engagements pris en mai 2009.

Mars 2011 : Le maire porte plainte contre les habitants des yourtes, pour constructions illégales et insalubrité.

4 avril 2011 : Le conseil municipal décide l'élaboration d'un nouveau Plan local d'urbanisme (PLU), le maire se donnant tout pouvoir pour choisir les organismes qui s'en occuperont. Il fait à cette occasion un commentaire sur le blog des habitants des yourtes, annonçant que les terrains des yourtes ne seront pas rendus constructibles dans le prochain PLU, mais classés en zone naturelle, « réjouissant ainsi tous les écologistes épris de nature », et ce malgré les promesses faites lors de la régularisation en mai 2009.

Juin-juillet 2011 : Suite à la plainte du maire, les gendarmes viennent constater la présence des 2 yourtes au Petit pic et d'une yourte au Grand Pic. Les enfants de ces familles subissent de nombreuses tensions et sont témoins de ces contrôles de gendarmerie.

21 juillet 2011 : Une maison et deux granges du Grand Pic, qu'une famille vivant en yourte et des voisins souhaitaient acheter, sont préemptées par la mairie prétextant un hypothétique projet de ferme pédagogique sans acquéreur précis. Par la suite, la mairie fait détruire une des granges et cherche à revendre le terrain.

29 septembre 2011 : Les 2 arrêtés municipaux interdisant le camping sur la commune sont annulés par le Tribunal administratif de Limoges pour irrégularités et excès de pouvoir, suite au recours de 34 requérants du village.

Octobre 2011 : Dans un bulletin municipal, et suite à l'annulation des arrêtés contre le camping, le maire annonce que « Un arrêté est applicable tant que le tribunal administratif ne l'a pas annulé. Aussi nous allons reprendre un arrêté réglementant le camping sur la commune ».

21 novembre 2011 : Dans une lettre adressée au rédacteur en chef du Populaire du Centre et publiée sur le site officiel de la mairie, suite à un article concernant les yourtes, le maire écrit que « ces installations n'ont jamais été régularisées », ceci au mépris de l'accord passé au nom de l’État le 5 mai 2009. Dans une autre lettre datée du même jour, adressée au Sous-préfet et publiée également sur le site de la Mairie, le maire écrit : « contrairement à leurs dires, ils n'ont jamais fait l'objet d'une régularisation ».

Décembre 2011 : Le maire refuse d'installer une borne d'arrêt de bus scolaire au hameau du Petit Pic, où le bus s'arrête quotidiennement pour deux enfants habitant en yourte. Le Conseil général, alerté par les parents, fait finalement installer la borne au Petit Pic.

Hiver 2011-2012 : Suite à la plainte de mars 2011 contre les yourtes, leurs habitants doivent faire une déposition en gendarmerie, avec prise d'empreintes et fichage complet.

26 mars 2012 : 3ème arrêté interdisant le camping sur la commune, enregistré le 10 avril.

26 mars 2012 : Le maire prend un 4ème arrêté interdisant le camping sur la commune, enregistré le 26 avril quelques jours après le 3ème, et quasiment identique. Il dissimule ce fait au Tribunal lors de l'audience de juin 2012 pour le 3ème arrêté.

21 juin 2012 : Rencontre, à Bellac, des habitants des yourtes avec le conseiller général de Cécile Duflot, ministre du logement et de l'égalité des territoires, et signataire de la liste du comité de soutien lorsqu'elle était présidente de EELV.

22 juin 2012 : Le 3ème arrêté interdisant le camping sur la commune de Bussière-Boffy est suspendu pour atteintes aux libertés fondamentales par le Tribunal administratif de Limoges suite au recours de 32 requérants.

Novembre 2012 : Nouveau Comité de soutien d'élus regroupant 120 élus dont 17 parlementaires.

13 novembre 2012 : les habitants des 3 yourtes comparaissent au Tribunal correctionnel de Limoges suite à la plainte du maire.

11 décembre 2012 : Rendu du jugement : relaxe pour les habitants des yourtes au motif que les yourtes sont des tentes. Le Parquet fait appel.

11 mai 2013 : Fête de soutien sur le site des yourtes, qui rassemble 200 personnes.

17 mai 2013 : Procès en appel au Tribunal correctionnel de Limoges.

14 juin 2013 : Les habitants des yourtes sont condamnés par le Tribunal à la « destruction des yourtes » et à une amende de 650 euros chacun. Le pourvoi en cassation des habitants des yourtes suspend la peine le temps que le dossier soit examiné.

Décembre 2013 : Grâce aux dons de personnes soutenant la cause des yourtes, les honoraires de l'avocat en cassation ont pu être payés.

Janvier 2014 : Le maire crée un tronçon de route d'une longueur de 10 mètres ne menant nulle part, à l'extrémité du hameau du Grand Pic, devant la maison d'amis des habitants des yourtes dans le seul but de les empêcher de garer leur véhicule.

6 janvier 2014 : Rapport et avis du commissaire enquêteur sur le PLU en cours. Le commissaire recommande que les terrains occupés par les yourtes soient rendus constructibles. Il recommande également que la zone naturelle devant couvrir 54 % de la commune soit réduite. Cette zone prévoit l'interdiction de toute occupation du sol.

10 janvier 2014 : Face au refus du maire de laisser le public consulter le rapport du commissaire enquêteur, quelques habitants de la commune décident de ne pas quitter la mairie tant qu'ils n'auront pas pu consulter le dit-document. Les gendarmes obligeront le maire à communiquer le document quelques heures plus tard.

22 janvier 2014 : 32 habitants saisissent le tribunal administratif pour demander l'annulation du 3ème arrêté interdisant le camping (déjà suspendu depuis le 22 juin 2012 pour atteinte aux libertés fondamentales). L'audience met en évidence l'existence d'un 4ème arrêté quasiment identique au précédent, affiché sur les panneaux d'affichages communaux malgré la suspension en référé de juin 2012.

23 janvier 2014 : Publication d'un bulletin municipal signé par le maire, accusant de façon mensongère les personnes ayant occupé la mairie le 10 janvier d'avoir séquestré la secrétaire de mairie.


Après 6 ans de mandat de Jean-Paul Barrière, le harcèlement procédurier, administratif et humain contre ces habitants insolites a déjà chassé plusieurs familles de la commune et risque de faire partir celles qui restent.
La richesse que représentent ces familles et leurs enfants pour notre commune qui vieillit et se dépeuple, n'a jamais été reconnue, et le coût humain de « l'affaire des yourtes » est très lourd. L'équilibre que ces familles avaient construit depuis des années a été détruit.